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Identification de la mutation causale de l'épidermolyse
bulleuse jonctionnelle chez le Cheval Trait Belge
L'épidermolyse bulleuse jonctionnelle (EBJ) des chevaux est une
affection reconnue depuis longtemps par les éleveurs qui l'appelaient
la maladie des pieds rouges du poulain (Figure).
En France, elle est
observée principalement chez les chevaux de trait, notamment dans les
races Trait breton et Trait comtois. C'est une affection
néonatale létale qui se manifeste par une absence du
revêtement cutané, surtout dans la partie distale des membres, et
la perte d'un ou de plusieurs sabots. Sa transmission est
héréditaire à déterminisme autosomique
récessif.
Chez l'Homme, l'EBJ de Herlitz est la forme la plus proche du point de vue
symptomatique et lésionnel de celle observée chez le Cheval. Des
mutations dans trois gènes (LAMA3, LAMC2 et LAMB3) codant pour la
laminine 5 sont impliquées dans la maladie humaine. La laminine 5 est
une protéine trimère qui sert à l'ancrage de
l'épiderme au derme. Ces trois gènes candidats ont
été isolés dans la banque de BAC équine du
laboratoire et le polymorphisme de chacun d'eux a été
analysé afin d'identifier une association entre des marqueurs
moléculaires et le phénotype des chevaux. L'action conjointe des
Haras Nationaux, des éleveurs, de leurs syndicats et des
vétérinaires nous a permis de rassembler 15 cas cliniques et
d'obtenir des prélèvements sanguins de ces poulains et de leurs
parents ainsi que des fragments de peau d'animaux porteurs. En
parallèle nous avons construit une banque d'ADNc de peau et le
séquençage des ARNm des gènes candidats a permis de rechercher
directement la mutation causale. L'ensemble de ces travaux a confirmé
qu'une insertion d'une cytosine en position 1368 de l'ADNc de LAMC2
- mise en évidence par Spirito et al, 2002,
INSERM U385 (Biologie et physiopathologie de la peau),
le
Belgian Draft Horse Corporation of America
bénéficiant du transfert technologique -,
entraînant un décalage du cadre de lecture, était
responsable de l'affection chez le Trait comtois et le Trait breton. Cette
mutation génère un codon stop prématuré. La
protéine laminine g2 est alors tronquée de sa partie C-terminale
indispensable pour sa liaison avec les deux autres constituants de la laminine
5 que sont les sous unités a3 et b3. Chez les poulains homozygotes pour
la mutation, la laminine 5 est absente. Leur jonction dermo-épidermique
est dépourvue de la principale protéine d'ancrage. Elle devient
très fragile, ce qui provoque la perte de l'épiderme sur
certaines parties du corps.
Une méthode de typage moléculaire de la mutation a
été mise au point afin d'estimer la fréquence de la
mutation dans les populations de chevaux de trait et de fournir aux
éleveurs un conseil génétique. Un transfert de
technologie a été effectué vers
LABOGENA qui est
chargé de commercialiser ce test moléculaire.
Ce travail a été réalisé dans le cadre d'une
thèse
cofinancée par l'INRA et le Ministère des affaires
étrangères.
Référence :
Milenkovic D., Chaffaux S., Taourit S., Guérin G., 2003.
A mutation in the LAMC2 gene causes the Herlitz junctional epidermolysis
bullosa (H-JEB) in two French draft horse breeds.
Genet. Sel. Evol., 35, 249-256.
Spirito Fi., Charlesworth A., Linder K., Ortonne J.P., Baird J., Meneguzzi G.
, 2002.
Animal models for skin blistering conditions: absence of laminin 5 causes
hereditary junctional mechanobullous disease in the Belgian horse.
J Invest Dermatol., 119(3), 684-91.

Poulain comtois nouveau-né atteint d'épidermolyse bulleuse
jonctionnelle. On remarque l'absence de revêtement cutané sur
la partie distale de l'antérieur droit, de nombreuses
ulcérations sur les membres : jarret et grasset gauche, pointe de la
fesse gauche et la perte des sabots des postérieurs
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